La révolution des transports (bateaux à moteur, trains, camions …) et des télécommunication (téléphone, internet …) a permis de connecter les différentes parties du monde en permanence entre elles. Les océans et les mers qui représentent 70 % de la surface du globe y ont une place prépondérante. Immense espaces naturels, les mers et les Océans n’ont jamais connu une activité aussi intense.


Les synthèses de cours

 

     Problématique : en quoi les mers et océans sont-ils devenus des enjeux essentiels de l’espace mondialisé ?

 

 

NOTIONS CLES, VOCABULAIRE A MAITRISER

 

mondialisation = processus de mise en relation des différentes parties du monde par une intensification des flux dont une partie est liée à l’éclatement de la production (division internationale du travail en fonction des avantages comparatifs des Etats) qui entraîne des interdépendances entre les territoires.

 

 

maritimisation = processus lié à la mondialisation par lequel les économies, les sociétés et les territoires sont de plus en plus dépendants des mers et océans à la fois pour les ressources et pour le transport. Elle se manifeste par la littoralisation des hommes et des activités.

 

conteneurisation = principe d’acheminement des marchandises dans des conteneurs de taille standardisée afin de faciliter le transport et la manutention, notamment par l’inter-modalité et l’automatisation.

 

 

Route maritime = itinéraire suivi de manière régulière par les navires de commerce.

 

 

 

Façade maritime = espace littoral concentrant plusieurs ports permettant de mettre en contact un arrière-pays (continent) avec le reste du monde.

 

 

 

détroit = passage naturel entre deux terres qui met en relation deux mers ou océans. C’est un espace de libre circulation quand il met en relation deux portions à haute mer.

 

 

 

hub portuaire ou hub de transbordement = port principal qui redistribue les marchandises vers des ports secondaires situés dans une région du monde

 

 

 

Droit de la mer = composante du droit international qui règlemente les relations entre Etats concernant l’utilisation de la mer et l’exercice de leurs pouvoirs sur les espaces maritimes.

 

 

 

Zone économique exclusive = espace marin large de 370 km (200 milles) dans lequel l’Etat côtier dispose de droits exclusifs sur l’exploration et l’exploitation des ressources.

 

 

 

Haute mer = eaux internationales situées au-delà des ZEE et non soumises à la souveraineté des Etats côtiers.

 

 

 



Les espaces maritimes désignent les mers et les océans. Ils représentent 71% de la surface terrestre contre seulement 29% pour les continents. 75 % de ces fonds marins nous demeurent inconnus. Selon la définition qu’en donne Yves Lacoste, ils sont un enjeu géostratégique majeur car ils cristallisent les rivalités et les antagonismes d’acteurs adverses. L’appropriation des espaces maritimes est une projection de la puissance continentale et fait l’objet de tensions entre les grandes puissances.
Depuis l’Antiquité, le contrôle de ces espaces constitue l’une des clés de la puissance d’un Etat. Athènes, par sa maîtrise de la mer Egée prend le dessus sur sa voisine Sparte. Rome devient à son tour un des maîtres de la Méditerranée. Au début du XXe siècle l’empire colonial britannique, est élevé au rang de thalassocratie (thalassa : « mer » en grec). On assiste depuis plusieurs décennies à un renforcement du phénomène de littoralisation et un renforcement du rôle des façades maritimes. Aujourd’hui, 80% des échanges internationaux sont accomplis par voie maritime.

En quoi la géostratégie des mers et des océans est-elle révélatrice de la hiérarchie et de la compétition des puissances dans la mondialisation ?

Les espaces maritimes représentent des enjeux économiques. Ils font ainsi lobjet de nombreuses convoitises qui les placent au cœur de tensions entre différents acteurs. Aussi doivent-ils aujourdhui faire face à de nombreux défis afin de veiller à la durabilité de leurs ressources.

I/ Les espaces maritimes sont au cœur d’une économie mondialisée et représentent des enjeux économiques.
A.
Les Mers et les Océans forment aujourd’hui des «autoroutes maritimes ».

 

La maritimisation est un processus d'accroissement des échanges internationaux par voie maritime (9 milliards de tonnes en 2012 contre 1 milliard en 1960). 80% - des échanges de matières premières et de produits manufacturés sont acheminés par une flotte constituée par des milliers de navires spécialisés - porte-conteneurs, minéraliers, pétroliers, méthaniers. Les fonds marins sont également parcourus par un
réseau d’oléoducs, de gazoducs et de câbles de télécommunication

Les navires suivent des itinéraires précis et récurrents qui constituent des routes maritimes. Ils passent par des "point nodaux" ou "seuils", passages névralgiques. Il peut s’agir d’étroits passages naturels comme le détroit de Malacca, le détroit d’Ormuz, le Bosphore ou le détroit de Bab-el-Mandeb. Ou des canaux creusés par les hommes pour faciliter les échanges : le canal de Panama ou de Suez.

La saturation des routes maritimes mondiales entraîne une compétition entre les façades portuaires et entre les ports qui les composent - actuellement, 25 ports polarisent 50% des flux mondiaux. Sur les 20ers ports mondiaux, 17 sont situés en Asie-Pacifique : en Chine, à Singapour, en Australie, en Corée du Sud,
en Malaisie. Certaines façades maritimes se renforcent. Aux trois façades maritimes d'Amérique du Nord (la côte Ouest, Est et la région des Grands Lacs), à la Northern Range en Europe, s'ajoute à présent la façade maritime asiatique, de Tokyo à Hong-Kong et Singapour. Elle est le symbole du glissement du centre de gravité du commerce mondial de l’Atlantique vers l’Asie Pacifique.

B.Les Espaces maritimes sont également des « puits » de ressources convoitées


Les océans fournissent des ressources halieutiques. La pêche nourrit plus d'un milliard d'êtres humains.10 à 12 % de la population mondiale dépendraient de la pêche et de l'aquaculture pour leur subsistance. Dans les pays en développement, la pêche artisanale domine. (exemple de la pêche côtière avec de grandes pirogues dans certaines régions africaines). Dans les pays riches, la pêche hauturière (éloignée
des côtes) devient la règle. 100 millions de tonnes de poissons et de crustacés sont ainsi pêchés chaque année, souvent dans l’une des principales zones de pêche situées au large de la côte ouest de l'Amérique, à l'est de celle de l'Asie et au nord-ouest de celle de l'Europe


Les profondeurs des océans restent inconnues à 95 %, et elles nous réservent des surprises. Les fonds marins disposent également d’importantes ressources.

 

L'eau y est très riche en minerais. Il y a des terres rares, indispensables au développement de produits de haute technologie dans un contexte où la Chine, qui en possède une grande partie, est de plus en plus réticente à exporter.

 

Le sous-sol marin recèle actuellement entre un tiers et un quart des réserves de gaz (34%) et de pétrole (27%) de l’humanité, et fournit un tiers de la production mondiale (33%) grâce aux progrès techniques de l’offshore profond (en Norvège, dans le golfe du Mexique, au large du Brésil). Depuis le premier choc
pétrolier (1973) et l'exploitation des gisements de mer du Nord, la production offshore s'est développée au point de représenter 1/3 de la production mondiale

 

La mer joue avec l'éolien offshore un rôle croissant dans le développement des énergies renouvelables, dont la part dans le mix énergétique est appelée à se développer. L'Europe est pionnière dans cette industrie

C. La maritimisation s’accompagne d’un développement de la littoralisation des activités humaines.


Phénomène ancien qui a connu une accélération avec l'approfondissement du processus de mondialisation depuis le milieu du XXème siècle, la littoralisation (concentration des hommes et des activités le long des littoraux) progresse : aujourd'hui plus de 65% de la population mondiale vit à moins de 100km de la côte. On y trouve quelques-unes des plus importantes métropoles et mégapoles de la planète comme New-York, Los Angeles, Tokyo, Shanghai, Lagos, Le Caire ou encore Mumbai.

 

Ce phénomène répond à deux logiques principales.
Cette littoralisation est liée à la mondialisation des échanges et permise par la révolution des transports maritimes et terrestres. Les grandes métropoles littorales voient ainsi se développer des Zones Industrialo-Portuaires (ZIP) qui regroupent autour des aménagements portuaires proprement dits (quais,
grues et portiques pour les conteneurs, infrastructures transport permettant la multimodalité...), des activités de stockage (cuve à pétrole, silo à grain...) et des fonctions de production (raffineries, usines d'assemblage...). D'autre part, avec l’élévation du niveau de vie qui encourage certaines populations à changer de cadre de vie en se rapprochant de la mer et des climats plus agréables (héliotropisme), on observe une tendance plus forte à vouloir vire sur les littoraux. Il y a aussi une massification du tourisme littoral, en particulier sur la rive nord de la Méditerranée (de la Costa del Sol aux iles grecques en passant par la côte d'Azur et la Riviera italienne) qui accueillent chaque année plus de 300 millions de touristes internationaux.

II/ Forts de ces richesses les espaces maritimes se retrouvant au cœur des convoitises et des tensions.

A cause de leurs nombreuses ressources, les espaces maritimes sont l'objet d'appropriation de la part des États riverains et d’autres acteurs, qui se lancent dans de véritables « courses à la mer ».


A.
Les ZEE et le droit de la mer


La Convention de Montego Bay (Jamaïque), ouverte en 1973 à l’initiative de l’ONU, afin d’éviter les conflits maritimes et de protéger les milieux marins, signée en 1982, et entrée en vigueur en 1994, donne naissance à un droit de la mer.

Cette convention divise l’espace maritime en trois zones principales. En bordure du littoral, la mer territoriale couvre 12 milles marins sur laquelle l’Etat exerce ses droits souverains. D’autre part, au large de la mer territoriale (200 milles nautiques à partir de la côte) s’étend la zone économique exclusive (ZEE), sur laquelle chaque Etat exerce des droits souverains en matière d’exploitation des ressources, sans toutefois pouvoir y empêcher la circulation et le survol. Enfin, au large de la ZEE, les espaces maritimes
internationaux, couvrent 64% des océans, et sont presque totalement libres.

 

Ces espaces sont considérés comme un "bien commun de l’humanité". La convention prévoit en outre le libre passage dans les détroits.
Cette législation crée de fortes disparités entre Etats. Les pays dotés d'une vaste façade maritime (Etats-Unis, Australie, etc.) ou les Etats archipélagiques (Nouvelle Zélande, Indonésie, Japon) disposent des ZEE les plus étendues, voire disproportionnées par rapport à la surface de leur territoire terrestre.
C'est grâce à ses territoires d'Outre-mer que la France se classe au deuxième rang mondial par la superficie de sa ZEE, juste derrière les Etats-Unis. De nos jours, 93 Etats côtiers ont demandé à l’ONU une extension de leur ZEE. Parfois, plus rarement, les revendications portent aussi sur les eaux territoriales : c’est le cas, par exemple, entre la Grèce et la Turquie à propos de la mer Egée.

B. Des tensions qui persistent


On compte aujourd'hui près de 70 conflits frontaliers, littoraux ou maritimes. La Chine et le Vietnam revendiquent des archipels situés en mer de Chine parce que leur localisation permet l’exploitation de ressources énergétiques. Le conflit entre la Chine et le Japon à propos des Senkadu Diaoyu est du même type, tout comme le Golfe de Guinée est un " point chaud " du fait des gisements off-shore.

Les principales zones de pêche sont concentrées dans le Pacifique et l’Atlantique Nord - au large de la côte ouest de l’Amérique et au nord-ouest de l’Europe. Elles font l’objet d’une compétition entre les États,
comme la " guerre de l’anchois " entre les pêcheurs français et espagnols dans le golfe de Gascogne, la "guerre du turbot " entre le Canada et l’Espagne près de Terre-Neuve, etc.


Le réchauffement climatique entraîne la perspective de l’ouverture d’une nouvelle voie maritime dans l’océan Arctique - la route du Nord-Est. Cette route permettrait de relier l’océan Atlantique et l’océan Pacifique par le Nord. Le trajet entre Rotterdam et Tokyo représenterait une distance de 13 500 kilomètres (contre 21 000 par le Canal de Suez). La fonte d’une partie de la calotte polaire permettrait également l’accès à de nouvelles ressources de matières premières - minerais et hydrocarbures
.


La souveraineté sur ces eaux est déjà contestée : le Canada estime que le passage du Nord-Ouest appartient à sa ZEE tandis que les Etats-Unis estiment qu’il s’agit d’un détroit international. Une compétition existe entre la Russie, le Danemark et le Canada, qui revendiquent la dorsale de Lomonossov comme prolongement de leur propre plateau continental. En 2007, une expédition russe y dépose un drapeau par plus de 4 000 mètres de fond.

C. D’autres formes de convoitises voient le jour.


Face à l’augmentation du trafic de marchandise, s’est développée la piraterie maritime. Elle concerne trois principales zones : le détroit de Malacca, le golfe d’Aden et le golfe de Guinée. Depuis les années 2000, elle s’est développée au large de la Somalie. Les pétroliers sont régulièrement déroutés et les navires marchands subissent également les attaques, mais celles-ci peuvent viser également des navires de pêche ou de plaisance. Les grandes puissances mondiales et les États riverains coopèrent dans le domaine de la lutte contre la piraterie car celle-ci fragilise le commerce international - implantation de bases militaires, patrouilles navales, coopération des services de renseignement et utilisation des satellites d’observation, formation de garde-côtes, etc.

 

Les « autoroutes » de la mer sont également empruntées pour les trafics illicites de personnes et de marchandises. Plus de 160 000 migrants irréguliers ont migré vers l'Europe en 2014, (deux fois plus qu’en 2011). Des camps de transit offshore ont ainsi été créée par l'Australie pour y reléguer les migrants. Les
trafics d'armes, de drogue explosent depuis 15 ans. Pour y faire face les opérations internationales se multiplient dans la Caraïbe, la Méditerranée et l'Océan Indien. Les difficultés juridiques sont nombreuses pour intervenir : lorsqu'un navire français arraisonne un navire suspect battant pavillon étranger, ou s'immisce dans les eaux territoriales d'un autre pays, il remet en cause les principes du droit du pavillon, de la libre circulation ou de la souveraineté territoriale.


Le terrorisme en mer est une menace réelle. Il peut prendre la forme d’une prise d’otages (400 passagers d’un navire de croisière italien séquestrés par des activistes palestiniens en 1985) ou d’une attaque contre des navires (octobre 2000, le destroyer américain USS Cole est ainsi victime d’un attentat à l’embarcation piégée à Aden, perpétré par Al Qaida). Les régions les plus vulnérables sont l’Asie du Sud-Est (Philippines
et Indonésie) et le pourtour de la péninsule arabique.


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CORRIGE 1
Le corrigé reprend les étapes vues en classe et vous propose la légende du croquis final.
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La France une puissance maritime ?

     Problématique : dans quelles mesures les mers et océans contribuent-ils à la puissance de la France ?

 

Nous verrons dans un 1er temps que ce sont des atouts pour la puissance de la France, puis dans un 2ème temps les défis auxquels elle doit faire face pour consolider la puissance maritime.

 

Notions :

projection = capacité d’intervention militaire d’un Etat en dehors de ses frontières.

L’économie maritime (= ensemble des activités économiques directement ou indirectement liées à la mer) représente environ 15 % du PIB de la France (vision optimiste : si on se limite aux activités directes, on est autour de 3 % : le domaine maritime apparaît alors sous-exploité).

puissance maritime = capacité d’un Etat à agir sur les espaces maritimes et à en tirer profit. Reposant en partie sur la puissance navale, elle combine la défense de la souveraineté, le contrôle des routes, l’exploitation des ressources mais aussi leur protection (soft power).

Croissance bleue = croissance économique qui garantit la meilleure utilisation possible des espaces maritimes en conciliant développement et protection

 

Aire marine protégée = réserve protégeant le milieu maritime de l’impact négatif des activités humaines.

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Activité en groupe lundi 17 novembre
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DU TEXTE AU CROQUIS (Niveau 1)

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la France : une puissance maritime ?